Le Golfe Saronique, c’est la moitié abritée de la navigation grecque : environ 130 milles sur la semaine, des étapes courtes entre les îles, et une marina à trente minutes de l’aéroport d’Athènes. C’est la réponse pour une première semaine à bord, pour une famille, ou pour juillet et août quand le meltem rend les Cyclades pénibles. Voici la boucle, et une comparaison honnête avec les Cyclades pour choisir en connaissance de cause.
Saronique ou Cyclades ? La version courte
| Golfe Saronique | Cyclades | |
|---|---|---|
| Distance sur la semaine | ~130 nm | ~270 nm |
| Étape type | 5 à 14 nm | 16 à 28 nm, plus un long retour |
| Vent | Modéré, thermique, surtout l’après-midi | Meltem F5-6, rafales 7, en juillet-août |
| Abri | Golfe fermé, toujours un endroit où se mettre | Égée ouverte ; on organise tout autour du vent de nord |
| Convient à | Débutants, familles, groupes mélangés, l’été | Groupes pour qui la navigation est le sujet |
| Mouillé vers | Début d’après-midi la plupart des jours | Fin d’après-midi, parfois plus tard |
Aucun des deux n’est meilleur. Ce sont deux semaines différentes, et l’erreur classique consiste à réserver les Cyclades en août avec un groupe qui voulait se baigner et dîner à terre. Si quelqu’un à bord est inquiet à l’idée de naviguer, ou a moins de dix ans, ou plus de soixante-dix, le Saronique est la bonne réponse — et ce n’est pas un lot de consolation.
La boucle, au départ d’Alimos
| Étape | nm | |
|---|---|---|
| Alimos → Agia Marina, Égine | 13 | Nuit au quai, temple d’Aphaia le matin |
| Égine → Dokos | 25 | Le long bord. Une île déserte. |
| Dokos → Spetses, vieux port | 10 | Avitaillement et vrai déjeuner |
| Spetses → Agia Paraskevi | 2 | Crique sauvage, nuit au mouillage |
| Spetses → Bisti, Hydra | 14 | L’archétype de l’escale déjeuner grecque |
| Bisti → Mandraki, Hydra | 5 | On mouille ici — pas dans le port |
| Hydra → Roudha Bay | 6 | Le coin du Péloponnèse |
| Roudha → Archaia Epidavros | 22 | Arrivée tôt, le théâtre dans les terres |
| Epidavros → Aponissos, Agistri | 9 | Escale déjeuner, volontairement non aménagée |
| Agistri → Eginitissa | 5 | Dernière nuit, taverne au bord de l’eau |
| Eginitissa → Moni → Alimos | 21 | Les paons, un dernier bain, retour |
Environ 112 milles en lignes droites, à peu près 130 une fois la côte suivie. La plupart des jours, on est mouillé en début d’après-midi.
Ce qu’il faut savoir avant de partir
On ne s’amarre pas dans le port d’Hydra. Ça surprend, parce que Hydra est l’île dont tout le monde a vu les photos. Le port est magnifique et beaucoup trop étroit : il se remplit de bateaux à la journée et la houle s’y enroule. Nous mouillons à côté, à Mandraki, le parking à bateaux de l’île, et un taxi-boat conduit en ville en quelques minutes. On a la soirée à Hydra et une nuit tranquille — l’inverse exact de ce qui arrive à ceux qui s’obstinent à vouloir le quai.
Hydra n’a aucune voiture. Pas une. Des ânes et des bateaux. C’est le Saint-Tropez des Athéniens et il est sans automobile, combinaison plus étrange et plus réussie qu’il n’y paraît.
Épidaure mérite qu’on arrive tôt. L’étape est volontairement courte. Le théâtre est dans les terres depuis le port, il contient quatorze mille places, et il porte un murmure de la scène jusqu’au dernier rang — vingt-trois siècles après avoir été taillé dans la colline. C’est la seule excursion de la semaine qui vaut incontestablement qu’on quitte le bateau.
Dokos est la surprise. Vingt-cinq milles de largue vers le sud, puis une île sans village, sans route et sans ferry — des chèvres sur les pentes, une petite chapelle, et une baie pour vous seuls. Le fond au large de Dokos abrite la plus ancienne épave connue au monde, une cargaison de poteries de l’âge du bronze datée d’environ 2200 av. J.-C. On ne peut pas la plonger, mais on peut mouiller au-dessus, et c’est une drôle de chose à se dire pendant le dîner.
Moni a des paons. Une petite île au large d’Égine, ancien parc à daims, aujourd’hui envahie de paons et de cervidés qui descendent jusqu’à la plage. Ça fait un dernier bain absurde, et les enfants s’en souviennent longtemps après avoir oublié les temples.
Ce que fait vraiment le vent ici
Le Saronique est un golfe fermé, et cela change tout le caractère de la navigation. Le meltem qui domine l’Égée en juillet et août arrive dans le Saronique affaibli et dévié : on le sent, mais comme une brise de travail et non comme un problème. L’essentiel du vent dans lequel vous naviguerez est thermique : il monte en fin de matinée, culmine en milieu d’après-midi, et tombe le soir.
Conséquence pratique : les matinées sont calmes et les après-midi sont pour naviguer, ce qui convient bien à une semaine où les gens veulent se baigner avant le déjeuner. Et comme le golfe est fermé, il y a toujours un abri à moins d’une heure. On n’est jamais engagé comme on l’est sur une traversée en Égée.
Athènes aux deux bouts
La marina d’Alimos est à vingt ou trente minutes de l’aéroport international d’Athènes, et autant du centre. C’est la plus grande marina de Grèce, et elle n’a aucun charme — ce qui n’a strictement aucune importance quand on n’y est que pour charger le bateau.
En revanche, cela veut dire qu’une semaine saronique s’encadre facilement. La plupart des groupes arrivent un jour avant ou restent un jour après : l’Acropole, Plaka, un long dîner. C’est la seule de nos destinations où la ville fait partie du voyage au lieu d’être un aéroport qu’on traverse.
Quand y aller
| Période | Ce qu’il faut en attendre |
|---|---|
| Mai – juin | Le meilleur. Chaud, vert, îles calmes, eau qui se réchauffe. |
| Juillet – août | Chaud et fréquenté, mais le golfe reste praticable quand les Cyclades ne le sont plus. |
| Septembre | Excellent. Mer la plus chaude de l’année, foule qui reflue. |
| Octobre | Encore bien, journées plus courtes, tavernes qui commencent à fermer. |
Ce que coûte une semaine
À partir de 5 000 € la semaine pour le voilier entier avec votre skipper inclus — soit environ 850 € par personne à six à bord. L’avitaillement, le carburant et les frais de port et de mouillage se partagent au sein du groupe, en plus. Un bateau, un groupe : jamais de cabine partagée, jamais d’inconnus à bord.
Questions fréquentes
Le Saronique n’est-il pas trop facile pour être intéressant ?
Facile à naviguer n’est pas la même chose qu’ennuyeux à visiter. En une semaine, vous avez un temple dorique à Égine, une île déserte à Dokos, Hydra sans une voiture, et le théâtre d’Épidaure. C’est une densité de choses à voir supérieure à la plupart des semaines en Égée, précisément parce qu’on ne passe pas les journées à faire de la route.
Est-ce bien avec des enfants ?
C’est notre première suggestion pour les familles. Étapes courtes, eau abritée, un endroit où se baigner tous les jours, et un village presque tous les soirs. Personne ne passe six heures en mer à se demander quand ça s’arrête.
Peut-on le combiner avec les Cyclades ?
En dix jours, oui : sortie par Sounion vers Kéa, retour par le golfe. En sept, non — vous passeriez la semaine à y aller et à en revenir. Si vous n’avez qu’une semaine et que vous voulez les Cyclades, nous vous faisons partir des Cyclades.
Cet itinéraire est-il figé ?
Non. C’est une bonne version de la boucle. La vôtre se construit avec vous et s’ajuste en cours de semaine — dans le Saronique, c’est plus souvent une affaire d’envie que de météo, et c’est bien tout l’intérêt de l’endroit.
Envie de la naviguer ?
Voyez l’odyssée Golfe Saronique, comparez avec les Cyclades, ou dites-nous qui vient et nous vous dirons honnêtement laquelle des deux convient à votre groupe. Vous pouvez aussi lire ce qu’en ont écrit nos équipages.